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Les Dérives du
Permis à Points : Informer (Version PDF)
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Cet article est un contre argumentaire à l’idée que la
sanction du retrait de permis est une peine juste et justifiable, essentielle à
la politique de sécurité routière, exprimée sur
le site du Professeur Got, et qui a été publié
dans le Figaro.
Si vous avez des commentaires, des réactions, ou souhaitez
avancer de nouveaux arguments, visitez ce site: Dérives Permis à Point, et Laissez-un
commentaire, une réaction ici.
o
Introduction
o
Le
Paradoxe des Chiffres de la Répression
o
Répression
: Une Efficacité Discutable
o
Génération
Radar: Déni Démocratie, Déni de Justice
o
Maladresse
ne Rime pas avec Vitesse : Accidentologie Multifactorielle
o
Les
Zorros de la Tolérance Zéro
o
Les
Bons Conducteurs Plus Exposes à la Perdre de Permis
o
Rendre
le Régime des Sanctions Socialement Plus Acceptable
o
Le
Phénomène de la Conduite Sans Permis
o
Permis
Probatoire à Vie
o
Mortalité
Routière: Relativisons le Problème
o
Le
Monopole du Dialogue Sécuritaire
o
Elections
en Vue, Analysons Tous les Chiffres du Bilan
o
Une
Question D’Equilibre
o
Une
Opinion Publique Favorable
o
Les
Propositions
o
Conclusions
Le contenu de cet
article est libre de droits. (Version
PDF)
54242 permis de conduire annulés en 2005. Cela fait prés
de 150 permis annulés par jour. Un chiffre en augmentation de 40% par an depuis
la mise en place de la répression en 2004. En 2005, 242 vies ont été sauvées
par rapport à 2004. C’est donc 224 conducteurs sanctionnés par un retrait de
permis par vie sauvée.
Or la perte de points de permis touche à 90% des personnes
ayant un bonus assurance, et donc n’ayant pas eu d’accident ces dernières
années. Si un système est injuste pour la majorité des personnes sanctionnées,
il l’est pour la société toute entière qui s’identifie à ceux la. Alors que la
sanction de retrait de permis ne touche que moins de 0,5% de la population,
plus de 60% des conducteurs sont favorables à la remise en cause du système de
permis à points. Dès lors comment s’étonner que depuis 2002, on constate une
augmentation de 1000% de la conduite sans permis.
Depuis 4 ans, des milliers de personnes qui n'ont jamais
eu d'accident se retrouvent soudain sans pouvoir aller travailler pour faire
vivre leurs familles, déposer leurs enfants à l'école ou se déplacer librement
...
Les infractions graves et répétées doivent être
sanctionnées quand elles présentent le risque de donner lieu à des drames, sans
aucun doute. Mais la plupart des personnes qui perdent leur permis n'ont pas
été impliquées dans des accidents de la route, et leurs infractions ne relèvent
pas de la conduite dangereuse. La répression relève surtout de la pratique de
la tolérance zéro aveugle.
Comment expliquer ce paradoxe: depuis 2002, les résultats
de la sécurité routière montrent que la mortalité sur les routes à diminué de
40%. Si cela est du à un changement de comportement des automobilistes qui
conduisent plus prudemment, comment expliquer que les infractions constatées,
elles, augmentent de 400% ?
Sur la route, tous les comportements illégaux ne sont pas dangereux.
Mais la répression s’est focalisée sur les comportements illégaux, et non pas
les comportements dangereux. Plus les gens s’assagissent sur la route, plus on
met en place de nouvelles infractions et de nouveaux moyens de réprimer, d’où
l’envolée des pertes de points, et du sentiment bien légitime de révolte des
usagers de la route.
Il ne faut pas confondre le but (réduire les comportements
dangereux sur la route) et les moyens (les rendre illégaux). Le but est bien de
réduire le nombre d’accidents, de morts et de blessés sur les routes, et non
pas de réprimer aveuglement.

Tendances en Matière de Sécurité
Routière
La politique de répression routière s’est mise en place
courant 2003, avec une montée en puissance en 2004 et 2005. Les chiffres basés
sur le nombre d’infractions sujettes à retrait de points montrent qu’entre 2002
et 2005, la répression concerne essentiellement le contrôle de la vitesse
(+313%) qui s’est automatisé. Les contrôles inopinés hors vitesse, eux sont en
légère augmentation (+23% par an). Par
ailleurs, le nombre d’infractions entrainant un retrait de point a été
multiplié par 3, et le nombre de permis annulés multiplié par 4.
Or entre 2002 et 2003, alors que la répression n’était pas
encore en place, le nombre de vies gagnées était de 20,8%. Tandis que depuis la
répression, le nombre de vies gagnées est en baisse seulement respectivement de
8,7% et 3,5% en 2004 et 2005. Il semble donc que l’effet répression soit moins
efficace que la politique qui était menée auparavant, puisqu’on gagne de moins
en moins de vies.
Par ailleurs ces chiffres suivent la tendance moyenne
européenne, qui voit dans tout les pays, radars ou pas, système de permis à
point ou pas, accentuation de la répression ou pas, la mortalité routière
baisser entre 4 et 10% par an en moyenne. On peut donc légitimement se poser la
question de savoir si les résultats français sont liés à la politique de
sécurité routière hexagonale, ou à d’autres facteurs tels que l’amélioration de
la sécurité passive des véhicules, la sensibilisation des automobilistes grâce
aux actions de prévention, etc …
Dans la plupart de cas, la vitesse n’est pas la cause des
accidents, mais un facteur affectant leur gravité. En réprimant la vitesse, on
diminue la gravité des accidents. Les causes des accidents sont la maladresse,
qui peut être difficilement réprimée, et les autres comportements dangereux
entrainant la perte de vigilance, comme l’alcoolémie, la fatigue etc., qui
n’ont pas été significativement plus sujet à contrôle depuis les années
répression (en 4 ans, à peine +8% de contrôle par an pour l’alcool). Or 30% des
accidents mortels sont liés à l'alcool. En quoi les radars peuvent-ils empêcher
ça ?
"Plus de la moitié des accidents mortels se
produisent plutôt les nuits de fin de semaine, plutôt en rase campagne, hors
agglomération, et n'implique le plus souvent qu'un seul véhicule",
pourquoi ne voit on alors jamais de contrôles ou de radars en pleine campagne,
alors qu'ils prolifèrent en ville, et aux endroits les plus fréquentés ?
Enfin, si vraiment ce n'était pas qu'une question
d'argent, pourquoi ne pas imposer des normes en matière de construction des
véhicules tels que les "moteurs bridés à 130 km/h",
"l'anti-démarrage sans ceinture" ou "brouillage du signal
téléphonique sauf main libre".
« Alors que vous être verbalisé, une voiture de police
de passage fait la même infraction que vous, et vous vous entendez dire:
"je ne vais quand même pas verbaliser des collègues" ... »
« Sur une route limitée à 50, une camionnette de
gendarmerie avec 5 passagers file à 80 km/h, sans sirène ni gyrophare, en
passant à trois reprises devant des panneaux de rappels à 50 km/h ... »
Si une limitation ou une ligne blanche est dangereuse pour
le commun des mortels, elle l'est aussi pour les forces de l’ordre. Peuvent-ils
eux prendre le risque de mettre les autres en danger ?
L’autorité qui sévit doit être exemplaire. En se
comportant ainsi, ils perdent le respect qui leur est du, et décrédibilisent
les fondements de la politique de sécurité routière.
Par ailleurs, avec le Contrôle Sanction Automatique, et le
retrait automatique de permis, les forces de l’ordre ont un pouvoir de juge,
puisqu’une simple verbalisation peut mener au retrait de permis, sanction
sévère. On pourrait donc s’attendre à un peu de jugeote de leur part, en
sanctionnant en fonction des circonstances par exemple, pas en fonction des
fatwas du code.
"Combien ça coûte" de TFI du 21/12/05 sur les
radars fixes: on y apprend qu'un radar fixe, qui coûte 20 000 euros rapporte
annuellement en moyenne 200 000 euros, soit multiplié par 1000, 200 millions
d'euros, dont la moitié reste dans les poches des 6 sociétés privées (Sagem,
Atos, Amec, Mercura, …) qui se partagent les revenus
au prorata des infractions relevées, au lieu d'aller à l'Etat pour améliorer
par exemple, la sécurité routière !
On y apprend aussi que le choix du site d’installation
d’un radar est fait par l’Etat, mais qu’aucun agent assermenté de l'état
n'intervient ni dans l'installation ni dans le contrôle dudit radar, d'où le
doute sur la tentation de réglages pour quelques flashs rémunérateurs de plus,
et le sérieux des vérifications techniques.
Mais le comble est d'apprendre que l'éventuelle contestation à ces flashs doit
être envoyée à Rennes au nom de l'Officier du Ministère Public, mais à
l'adresse d'un consortium qui regroupe ces 6 sociétés, sans, selon l'émission,
l’intervention de fonctionnaires. L'Etat aurait ainsi délégué la Justice au
Privé, lequel est en plus intéressé par le nombre d'amendes que par la sécurité
routière.
La démocratie repose sur la séparation des pouvoirs : Législatif, Exécutif et
Judiciaire, indépendante des deux autres, et légalement là pour interpréter les
textes et sanctions en fonction des circonstances atténuantes ou aggravantes,
c'est à dire humaine. C'est un principe fondamental du droit.
Or dans le cas des infractions radars, les recours contre
les flashs ne seraient même plus traités par les procureurs (ministère public)
mais par les sociétés qui sont rémunérées aux prorata des infractions
constatées.
Plus grave: le système de permis à point met à égalité un
jeune étudiant avec 3 ans de permis qui est pris 2 fois en état d’alcoolémie en
1 an, et un chauffeur routier ou un représentant de commerce qui à une famille
à nourrir, et qui est pris 12 fois en 10 ans, pour un excès de vitesse de
quelques km/h.
Or un des rôles de la justice est d’adapter les sanctions
en fonction des circonstances aggravantes ou atténuantes. Mais en matière de
code de la route, la sanction de retrait de permis est automatique, et non
appréciée en justice: la suspension du permis de conduire est administrative,
sans qu’un juge ne statue sur une décision qui peut avoir des conséquences
catastrophiques sur une famille, comparées à des infractions qui peuvent avoir
été bénignes.
Des milliers d'éclairs de lumière pour une justice aveugle
!
"Dans une famille, le mari n’a pas eu d’accident en
20 ans, mais en 3 ans, il a perdu 7 points de permis. Sur la même période de 3
ans, sa femme a eu 2 accidents de voiture, mais elle a toujours tous ses
points. Elle ne roule plus que par réelle nécessité, lorsqu'elle n'a pas le
choix.
Si, suite à une nouvelle infraction qui n'implique pas un accident, le mari
perd son permis, c’est sa femme qui conduira tout le temps. "
La route est elle plus sure dans cette nouvelle situation
? Et la tentation sera grande de transférer la perte de points à sa femme.
Ce n’est qu’un cas particulier (mais bien réel). Mais là où
cet exemple rejoint le cas général, c’est que 90% des personnes qui perdent des
points n’ont pas eu d’accidents, tandis de 45% de ceux impliqués dans des
accidents ont leur 12 points. Comme le montre
l’exemple, ceux qui restent sur la route sont les plus dangereux: la répression
manque sa cible.
Il n’y a pas de données officielles, mais un petit sondage
internet – certes non représentatif, mais qui permet de savoir si la question
mérite d’être posée:
http://www.forum-auto.com/sqlforum/section16/sujet376756.htm
Les résultats montrent que:
- 90 % des personnes qui perdent des points n’ont pas eu d’accidents
dernièrement (bonus assurance).
- 45% de ceux qui font des accidents (malus assurance), ont leurs 12 points ...
Perdre des points ne prouve donc pas qu’on n’est pas un
conducteur dangereux et irresponsable Il ne faut pas confondre le but et les
moyens. Le but est bien de réduire le nombre d’accidents, de morts et de
blessés sur les routes, et non pas de réprimer aveuglement.
Les infractions graves et répétées doivent être
sanctionnées quand elles présentent le risque de donner lieu à des drames, sans
aucun doute. On est tous particulièrement sensible au drame des familles qui on
perdu un de leur membre dans un accident de voiture.
La plupart des personnes qui perdent leur permis on certes
violé les règles, mais n'ont pas été impliquées dans des accidents de la route,
et leurs infractions ne relèvent pas toutes de la conduite dangereuse.
La route, c'est le seul domaine de la justice où on peut
se retrouver en prison sans avoir cause de préjudices à personne.
Une rediffusion de reportage sur France 3 dernièrement sur
les accidents de la route. Bien sur, on ne peut pas rester insensible aux
victimes de la route. Mais il y avait l'histoire de cet homme qui s'est
retrouve en prison pour récidive de conduite sans permis, son permis ayant été
retire suite a une série de petites infractions, dont une fois pour alcoolémie
à 0,5. Pas d'accidents, rien. Pris sur contrôles inopinés.
Pourquoi roulait-il sans permis ? Parce que c'est un
entrepreneur, donc pas d'assurance chômage. Sa femme ne travaille pas, une
fille. Si il ne peut pas rouler, et il ne travaille pas, l'argent ne rentre
pas, et tous le monde a faim. Ses employés sont maintenant au chômage
technique.
C'est un cas extrême, mais voila ou le système actuel
aboutit de plus en plus souvent. Un conducteur qui n'a tué personne, qui n'a
pas causé d'accident, qui s'est fait prendre une fois dans une conduite a
risque et quelques excès de vitesse, et voila tout son entourage sanctionné.
Il n’y a pas de statistiques officielles au sujet de la
conduite sans permis. Les seules données disponibles sont les suivantes :
- http://www.securiteroutiere.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/sro_expose_bilan2005_sr_2006_06_06.pdf
Page 18, les sans permis, c'est à peu prés 2% des accidents corporels en
2002 (en baisse depuis).
- http://www.leblogauto.com/2006/01/trois_fois_plus.html
Lors des contrôles inopinés, on constate une augmentation de +1000% de conduite
sans permis entre 2002 et 2005 (de 3000 à 33000).
Comme on peut le lire dans la presse, 7% de conduite sans
permis est une estimation qui peut être raisonnable a l'heure actuelle. Ce
serait donc 1 conducteur sur 15 qui roule sans permis.
Il y a deux types de conduite sans permis:
- les jeunes qui roulent sans avoir obtenu le permis ;
- les autres qui roulent suite à un retrait.
Les contrôles inopinés n’ont pas augmente de façon
significative en nombre depuis 2002 (la tendance est à l’automatisation), et il
est difficile de croire que depuis la mise en place de la répression, les
jeunes soient significativement plus enclins à rouler sans permis
qu’auparavant.
Etant donné la concordance des dates, il semble légitime
de penser que la forte augmentation du phénomène de conduite sans permis est
liée au retrait de permis, une interdiction qui est peu respectée.
Suite à l’augmentation de la répression, il devient bien
difficile de rester 3 ans sans perdre un point. Conséquence, les gens perdent
petits a petits des points et finissent par perdre leur permis après 5 ou 10
ans. Tant que la répression s’accentuera, ce phénomène ne peut être
qu’exponentiel.
Et si tant de personnes roulent sans permis suite à un
retrait, c’est qu’ils n’acceptent pas la sanction, qui leur semble injustifiée,
ou trop pénalisante par rapport aux fautes.
Car conduire est une nécessité pour certains. Alors, pour ceux qui n’ont
mis en danger personne, pourquoi aggraver les peines d'amendes et la nécessité
de repasser le code, avec une peine d'interdiction?
Pour information, voici un article au sujet de la conduite
sans permis dans le fief du Ministre des Transports :
-
http://www.lyonmag.com/spip.php?article9787
« Des grands-parents qui conduisent moins, donc qui
acceptent sans difficulté de perdre des points sur leur permis. Voilà pourquoi
11 % des automobilistes dont le permis a été supprimé ont aujourd’hui plus de
75 ans. Un phénomène qui semble se développer de façon assez
spectaculaire. »
« J'ai 27 ans et un permis probatoire. Il y a un an
j'ai roulé à 72 km/h, 67 km/h retenue au lieu de 50 km/h. J'ai perdu 2 points.
Jusque là rien d’anormal. Sauf que deux semaines après cette même route est
passée à 70 km/h. Donc pour un excès de vitesse fort peu dangereux (c'est une
quatre voies dans le même sens), me voilà reparti pour 3 ans à 6 point.
Donc 1 an de permis sans problème, un an entre
l'infraction et le retrait de point, et me voila reparti pour 3 ans de
probatoire. Soit 5 ans limités à 80 etc.… et 3 ans de 6 points. Et le pire je
crois que je vais en avoir pour toute la vie. Parce que qui peut se vanter de
ne jamais faire une petite infraction de temps à autres »
Un permis à 12 points ne s’obtient pas après trois ans de
conduite, mais après trois ans de conduite sans infractions. Or étant donné la répression
actuelle, plus personne ne peut compter ne pas perdre de points en 3 ans de
conduite, surtout les jeunes qui sont en phase d’apprentissage. Or pour les
jeunes conducteurs, le permis est à 6 points, et le risque de perte de permis
est donc plus élevé.
Après 3 ans, un conducteur a acquis l’expérience
nécessaire pour avoir le droit de rouler sans être plus pénalisé que les autres
qui commettent des infractions.
Les maladies nosocomiales, c’est 10000 morts par an, deux
fois plus de morts que sur les routes. En hôpital, les médecins qui oublient de
se laver les mains avant d'entrer en consultation, c'est une proportion de ces
10000 morts. Ce sont aussi des morts causées par la négligence des autres. Pour
autant, ils ne sont pas interdits d'exercice de la médecine s'ils ne se lavent
pas les mains 12 fois en 10 ans. Ils font même grève pour que le gouvernement
contribue au paiement de leur assurance qui a augmenté, depuis qu'ils sont
sujet à des attaques en justice ...
Sur les 7 premiers mois de 2006, le nombre de tués
diminuent de 13% par rapport à 2005, mais les blessés hospitalisés augmentent
de 13%. Lors d'un accident, on ne meure plus, on va à l'hôpital. Or avec 10000
morts par an dus aux maladies attrapées dans les hôpitaux, on a deux fois plus
de risque d'y mourir que sur la route …
Arrêtons-t-on donc de culpabiliser les usagers de la
route, car par ailleurs le risque de mourir par l'imprudence des autres est
bien plus élève - et on ne fait rien à ce sujet. Alors pourquoi continuer à
retirer le permis de conduire à sur ceux qui n'ont mis en danger personne ?
Avec 7% de la population qui roule sans permis, et sans
doute prés de 3% a qui il ne reste que 1, 2 ou 3 points, le gouvernement ne
peut que remettre en cause le système qui touche 10% de l’électorat. Mais il ne
sait plus comment revenir en arrière, notamment face aux associations de
sécurité routière, qui ont le monopole du dialogue avec le gouvernement sur ce
sujet
Le Comite National de la Sécurité Routière, ce sont des
ministres face à 8 représentants de l'industrie de la sécurité routière, et 12
d'associations militant contre la "violence routière". Aucun des
usagers de la route. Pas étonnant que l'intérêt des automobilistes ne soit pas
défendu ...
Le CNSR est en contact permanent avec les professionnels
de la route, les forces de l’ordre, les moniteurs d’auto école, il connait les
règles du code de la route, et est le plus sensibilisé aux réels dangers de la
route (pas juste aux règles qui sont sensées nous en protéger) ... Il est donc
à même, que d’autres, à faire des propositions pour améliorer le système vers
une meilleure justesse – dans le sens de sanctionner plus à propos, pas à tout
va, et sans pour autant renoncer à la sécurité. Qu’entend-t-on a la
place ? Un discours agressif, idéologique, ultra-sécuritaire, défendant
les intérêts de l’industrie et des centres d’études sur la sécurité routière (http://www.securite-routiere.org/intervenants/LCVR_juillet_2006.htm).
Les élections approchant la
tentation est grande de faire parler les chiffres pour faire valoir les
résultats d’une politique réussie dans son bilan. Ainsi entendra-t-on bientôt
que grâce à cette formidable politique l’on a obtenu une baisse des morts sur
la route de 15% ou plus en 2006.
Le prix des carburants ayant
fortement augmenté depuis 2005, les gens roulent moins (-1,5% en 2005, -2%
attendu en 2006), et adoptent une conduite plus économique et donc moins
rapide, deux facteurs non liés à la politique de sécurité routière, mais qui
seront sans aucun doute exploités sans scrupules.
Les associations contre la
violence routières tentent souvent de culpabiliser les automobilistes en
insistant sur les blessés qui se retrouvent en rééducation pour des mois, ou en
chaise roulante pour la vie. Quand est-il donc alors des blessés ?
Sur les 8 premiers mois de 2006,
+2862 blessés hospitalisés par rapport à 2005. On meurt moins, mais on se
retrouve plus souvent en chaise roulante. A quoi bon accentuer une politique de
répression, si elle multiplie les cas que l’on déplore … Si le gouvernement publiait
le cout social et le nombre de blessés qu’il faut rééduquer, plutôt que le
nombre de morts, son bilan serait bien moins présentable.
D’autres vous dirons aussi qu’il y
a encore une belle marge de manœuvre puisque les britanniques, pays de population
comparable, fait 40% de tués en moins. Accentuons donc encore la répression
pour diviser encore par deux de chiffre déjà en pallier. Le problème, c’est que
les britannique ont 150% de blessés en plus ! Ce paradoxe est lié à la
densité de la population: plus un pays est dense, plus son réseau de transport
est urbain, réseau où les accidents sont moins graves.
En juillet 2005, le gouvernement à
retiré du site de la sécurité routière, le rapport 2005 concernant le permis à
points, qui montrait une augmentation exponentielle des annulations de permis.
Il est fort à parier que pour 2007, le nombre de permis annulés en 2006 ne sera
pas publié non plus.
Peut être ces petites phrases
gênaient dans le rapport de 2005:
·
Le
Trafic de Points: "Il y a lieu de s’interroger sur la hausse sensible du
nombre des retraits de points concernant les conducteurs de plus de 50 ans.
L’une des explications pourrait être la méthode consistant à désigner les
grands-parents en lieu et place des jeunes conducteurs, pratique illégale qui
tendrait à se développer."
·
La
Courbe Exponentielle des Retraits de Permis: "La courbe du nombre de
permis invalidés pour défaut de points connaît une progression à partir de
mi-2003 qui se combine à celles des infractions traitées. Cette évolution résulte,
à la fois, de l’augmentation des contrôles routiers et du renforcement des
barèmes de retraits de points. Cette évolution mérite une attention
particulière pour l’avenir et inquiète les services de contrôle routier."
·
L'Alcoolémie
moins Réprimée: "Les infractions liées à l’alcoolémie ont ralenti, passant
de 5 % à 3,5 %."
·
La
plupart des Infractions réprimées sont lies à des excès de vitesse de moins de
20 km/h: "La proportion des retraits de points pour excès de vitesse
représente 65 % de toutes les infractions traitées en 2005. Ce chiffre n’était
que de 53 % en 2004. Pour cette catégorie d’infractions, les excès de vitesse
de moins de 20 km/h sont majoritaires, 68 %."
La sécurité routière est une question d’équilibre, aux deux
extrêmes, pas de solutions :
- sans répression, c’est l’anarchie – et le risque inacceptable des accidents
de la circulation,
- réprimer le moindre km/h de dépassement et tout le reste par des retraits de
permis, réduit la liberté de circuler, et mène à l’extrême à la paralysie
économique du pays – si tout le monde finit par perdre son permis.
Le curseur est allé trop loin dans un sens, a produit des
résultats, mais aussi des effets pervers. L’objectif de moins de 5000 morts est
atteint, la prise de conscience est réelle, les gens roulent plus prudemment –
mais sans permis. Il est temps de cesser d’accentuer encore la répression, et
de rééquilibrer le régime de sanction du permis à points.
Bien sur on pourrait faire encore mieux. Mais qu’est-on
prêt à payer pour gagner encore 250 vies par an ? Payer plus de forces de
l’ordre et les moyens nécessaires avec les impôts pour qu'ils retirent 150.000
permis par an, sans garanties de résultats significatifs ?
N-y a-t-il pas d’autres priorités ? Par exemple,
avec un décret de loi sur l'hygiène en hôpital et quelques contrôles
sanitaires, on pourrait peut être gagner 500 vies ou
plus sur les décès liés aux maladies nosocomiales. Les morts sur la route sont
ils tragiquement plus importants que ceux des hôpitaux ?
Un sondage montre que prés de 65% des conducteurs sont
favorables à une révision du système de permis à points:
http://www.forum-auto.com/sqlforum/section16/sujet377303.htm
Alors que seuls 0,2% des conducteurs on été sanctionnés
par un retrait, avoir 63% des personnes en faveur d’une réforme est énorme. Preuve
que chacun se sent concerné par le caractère injuste du système actuel.
Un autre sondage montre que plus de 50% des personnes
concernée par le permis à point prendront en compte les promesses de révisions
du système de permis a points et de la sanction de retrait de permis lors de
leur vote de 2007.
http://www.forum-auto.com/sqlforum/section16/sujet377474.htm
Voici quelques propositions pour prendre en compte ce
problème, qui sans remettre en cause les règles de conduite, ni les amendes qui
contribuent a la pression répressive, devrait permettre d’arriver moins
rapidement à l’extrémité du retrait de permis, rendant le système plus
juste :
1 ) Amende seulement pour excès de moins de 10 km/h, pas de point perdu
2 ) On ne perd un point pour les petites infractions que pour un an, pas plus
3 ) La période de six mois avant de repasser le permis est supprimée
4 ) Restauration du permis blanc, pour les trajets professionnels et scolaires
5 ) Le retrait de permis doit être apprécié par un juge, pas automatique
6 ) La récupération du capital points en 2 ans
7 ) Les retraits de plus de 5 ans ne comptent plus (au lieu de 10 ans
actuellement)
8 ) Retrait de 3 points et plus, seulement en cas de mise en danger, sinon 2
points
9 ) Baisser le nombre de points pour certaines infractions
10 ) Permettre les stages de récupération tous les 6 mois
11) Gagner 1 point de bonus par année sans infraction
12) Après 3 ans de permis probatoire, +6 points,
inconditionnellement
En cas de perte des 12 points sans avoir été responsable
d'accidents (vérification du bonus assurance), le permis doit être repassé dans
un délai imparti de 6 mois, au terme duquel le permis est retiré, si il n'est
pas revalidé pas un examen - mais le permis n'est pas retiré d'office. Cela
permet de resensibiliser le conducteur qui a commis
des infractions à répétitions, sans le pénaliser dans sa vie professionnelle,
ni son entourage.
En effet, pourquoi pénaliser ces conducteurs qui ne
causent pas d'accidents par un retrait de permis ? Ne suffirait il pas de leurs
rappeler les règles de bonne conduite pas le repassage du permis dans un délai
défini, plutôt que de leur retirer leur permis, ce qui cause bien d’autres
problèmes, professionnels et autres, mettant en danger l’équilibre de la
famille par une précarisation, par exemple liée à la perte de l’emploi.
Cette proposition constitue un bon équilibre qui, sans remettre en cause
le permis à point et la politique de sécurité routière, allège les conséquences
négatives du système (perte d'emploi, conduite sans permis, ...)
Les données du débat sont les suivantes, depuis la mise en
place de la répression en 2002:
- -40% de tués sur les routes (essentiellement pour les conducteurs de
voitures)
- +1000% de conduite sans permis (estimation, 1 conducteur sur 15 roule sans
permis)
- +300% de retrait de permis
- 95% des personnes qui perdent des points de permis n’ont pas eu d’accident
dans les dernières années (bonus assurance).
Il n’est pas question de mettre en cause la politique de
sécurité routière, qui a eu des résultats incontestables (-40% de tués en 4
ans), mais les mesures mises en œuvre ont conduits à des effets inacceptés (puisque les gens ne respecte pas l’interdit):
le retrait de permis (qui conduit à la conduite sans permis).
Lors du dernier Conseil National sur la Sécurité Routière
(du 6 Juillet 2006), il était relevé que « la signalisation [routière] doit
être respectable pour être respectée ».
Il en est de même des lois, elles doivent être
respectables pour être respectées ... Or tandis que les gens roulent plus
prudemment (-40% de tués), la répression a déséquilibré le système du permis a
point: le nombre de retraits de permis s’est envolé (+300%), et à rendu le
système illégitime. Les retraits de points touchent en majorité des gens qui
n'ont pas eu d'accidents dernièrement (à 90%), et qui sont fortement pénalisé
par cette sanction (perte d’emploi). D’où le phénomène de la conduite sans
permis est la conséquence (+1000%).
Il est nécessaire de revoir le régime de sanction du
permis à points, et les conditions de retrait du permis de conduire.

Presse Internet:
http://blog.presse-normande.com/article.php?id_article=68
FR3:
Clicker sur le lien Vidéos, Réforme du
Permis à Points.
http://aquitaine.france3.fr/info/22745306-fr.php
Presse Internet:
http://www.motomag.com/spip/+Le-permis-a-points-condamne-par+.html
Forum Internet:
Le Figaro : Clicker sur
Colonne pour voir le texte.
http://www.lefigaro.fr/france/20060624.FIG000000720_permis_le_trafic_de_points_bat_son_plein.html
AFP:
http://www.rogerkaroutchi.com/article.php3?id_article=420
France Info:
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-info/chroniques/droit/index.php?m=3&chro_diff_id=330000295
Nouvel Observateur:
Sur le site de l’UMP de l’assemblée nationale, lisez le
dernier paragraphe:
http://www.ump.assemblee-nationale.fr/article.php3?id_article=5621
Sénat:
http://www.senat.fr/leg/ppl05-463.html
Conduite sans Permis:
http://www.lyonmag.com/spip.php?article9787
http://permanent.nouvelobs.com/societe/20060920.FAP3040.html?1846
Une répression moins dure:
http://www.rtl.fr/info/article.asp?dicid=470692
Les dérives du permis à points: